Une femme avec des cheveux bouclés portant un pull en maille rose, tenant un carnet rouge et un stylo, assise contre un mur vert pâle.

Se reconstruire après un harcèlement scolaire

Le harcèlement s'est arrêté. Vous avez alerté, l'établissement a agi, il a changé de classe ou d'école. Et pourtant rien n'est réglé. Votre enfant ne veut plus y retourner, il dort mal, il s'est éteint, et il vous dit parfois qu'au fond il l'a un peu cherché.

Une personne assise sur un canapé beige, regardant vers une bibliothèque remplie de livres.

Ce qui reste quand cela s'arrête

Le harcèlement laisse trois traces qui survivent longtemps aux faits.

Le corps se souvient. Une odeur de couloir, une sonnerie, un groupe qui rit un peu trop fort, et la réaction physique se déclenche entière, sans qu'aucune pensée n'ait eu le temps de se former.

La conviction d'avoir mérité. C'est la plus destructrice, et presque tous les enfants harcelés la portent. Ils ont fini par intégrer qu'on ne s'en prend pas à quelqu'un sans raison, donc que la raison est en eux.

La perte de confiance dans les autres. Il ne s'agit pas seulement de ceux qui ont harcelé, mais de tous ceux qui ont vu et n'ont rien dit. C'est ce qui rend le retour dans un groupe si difficile, même un groupe nouveau.

Une personne tient un stylo et un carnet ou une tablette avec une note manuscrite en français, dans un intérieur chaleureux, avec un autre individu assis derrière elle.

Ce que nous faisons en séance

Nous ne revenons pas sur les faits dans le détail. Votre enfant les a déjà racontés plusieurs fois, à vous, à l'établissement, parfois ailleurs, et les redire une fois de plus ne soigne rien.

Le travail porte sur trois choses.

  • Désamorcer la réaction physique. Nous reprenons les déclencheurs qui subsistent, le couloir, la cour, la sonnerie, et nous travaillons à ce qu'ils cessent de déclencher l'alarme complète.

  • Rendre la responsabilité à qui elle appartient. C'est le cœur de l'accompagnement. Par des images, des mises en scène, un travail sur le regard qu'il porte sur lui, votre enfant sort peu à peu de l'idée qu'il y était pour quelque chose.

  • Reconstruire ce qui a été abîmé. La capacité à faire confiance, à entrer dans un groupe, à prendre la parole. Cela se fait par étapes, comme un retour à l'entraînement après une blessure.

Cabinet d’hypnose - Paris 19 ème

Chez l'adolescent

Le cyberharcèlement ajoute une dimension particulière : il n'y a plus de refuge, y compris à la maison, et les traces restent en ligne. Le travail porte alors aussi sur la peur permanente que cela recommence, et sur le rapport au téléphone.

La confidentialité de ce qui se dit en séance est ici plus importante que jamais. Un adolescent qui a été trahi par un groupe ne parlera que s'il est certain que ce qu'il dit ne circulera pas.

Ce que vous pouvez faire

  • Croyez-le, immédiatement et sans nuance. Le doute, même une seconde, referme la porte pour longtemps.

  • Ne dites pas qu'il faut se défendre. Il a déjà essayé, ou il n'a pas pu, et cette phrase lui confirme qu'il a échoué.

  • N'exigez pas qu'il en parle. Rendez seulement possible qu'il le fasse, quand il le décidera.

  • Surveillez le retrait. Un enfant qui va mieux recommence à voir des gens. Un enfant qui s'isole de plus en plus a besoin d'un avis médical.

Quand il faut un autre accompagnement

Si votre enfant exprime des idées noires, s'il se blesse, s'il ne s'alimente plus normalement ou s'il s'isole totalement, consultez sans attendre votre médecin ou un service de pédopsychiatrie. Fil Santé Jeunes est joignable gratuitement au 0 800 235 236, 7 jours sur 7 de 9h à 23h, pour les 12 à 25 ans. Le 3114 est le numéro national de prévention du suicide, gratuit et ouvert 24 heures sur 24.

Combien de séances

Quatre à huit en général, parfois davantage selon la durée du harcèlement et son ancienneté.

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